lundi 28 juillet 2014

Festival des Vieilles Charrues 2014


Ca faisait longtemps que je rêvais de me refaire un festival et tant qu'à faire, pourquoi pas un des plus grands...ben voilà, c'est fait et j'ai survécu aux Vieilles Charrues !

Notre pass 3 jours en poche, nous sommes partis avec mon pote vers 10h Jeudi matin de Perpignan direction Carhaix à quelques 1000 km plus haut; pas de planning précis, on improvisera au fur et à mesure.

VENDREDI.

Après une petite nuit sur une aire de repos, nous arrivons tranquillement à Carhaix vers midi.
Grâce à un fléchage bien utile, nous trouvons rapidement un parking à 1,5 km du site, plus sûr et surveillé. Chargés de nos sacs à dos, tente et duvets, nous voilà partis à la recherche des campings.


Après 1/2h de queue à la "pré-fouille" à l'entrée de la zone, nous suivons des habitués jusqu'aux campings, refouille et quelques centaines de mètres plus loin nous découvrons le premier champs accueillant les festivaliers, bondé bien sûr par les premiers arrivés la veille.



Pareil pour le suivant mais au bout d'une allée, on décide de se créer une place en déplaçant 2 barrières grillagées....impec....nous voilà posés et prêts à découvrir le site après avoir fait rapidement connaissance avec les gamins d'à côté étalés autour d'une pile de packs de Heineken. Tout ce qu'on avait pu lire sur différents forums à propos du camping correspondait au spectacle qui s'offrait à nous et à voir la file d'attente pour prendre une douche, on a bien fait de prévoir un gros paquet de lingettes....entre autres.



Nous voilà donc devant l'entrée principale du festival jonchée tout du long par des dizaines de stands de restauration rapide et de bars pour s'hydrater car le soleil est au rendez-vous.


On se fait poser nos bracelets avec lequel on bénéficie d'une entrée à part avec un accès plus rapide à .....une nouvelle fouille en règle avec palpation et tout....mais c'est pas grave puisque c'est pour la sécurité de tous.


Voilà, on y est, 1 an qu'on attendait ça, de se retrouver dans les prés de Carhaix bordés de 4 scènes, de tavernes et autres points de restaurations, de stands publicitaires pratiques pour certains comme le stand SFR ou l'on pouvait recharger gratuitement son portable grâce à l'énergie solaire ou encore découvrir le site du haut de la grande roue.




15h50, 2 concerts ont déjà démarré, celui de Christine Salem sous le chapiteau accueillant les "musiques du monde". On écoute brièvement 2 morceaux de cette chanteuse réunionnaise que l'on ne connaissait pas et on repart vite fait pour voir la fin du concert de "Jungle" en attendant celui de "Tinariwen" sur la grande scène de Glenmor.

Jungle - le peu que j'ai entendu était énergique et mêlait soul, funk et jazz. Perso, je pense que ce duo anglais aurait plutôt du être programmé de nuit.

Tinariwen - c'est le groupe Touareg par excellence, une musique aux influences multiples, qui mélange le blues et la musique traditionnelle au rock. Un rock hypnotique aux guitares ensorcelantes, d’une expression rare. Une musique intemporelle et sans frontière.
17h45,premier concert top, demi-tour rapide pour rejoindre la scène de Kerouac et "The Celtic Social Club" qu'on était pressé de découvrir et on a pas regretté de s'être planté devant la scène. The Celtic Social Club - c'était vraiment trop sympa. Jimme O'Neill (Silencers) et Jean Pierre Riou (Red Cardell) en tête de file pour ce projet initié par les programmateurs du festival. Une célébration de la musique celtique à la fois contemporaine, traditionnelle et roots.
 Direction la taverne la plus proche et constater que la foule a doublé de volume...ah ben oui, Sir Elton John va démarrer son show dans 5 mn...on a 2h devant nous pour se rapprocher de Gwernig et son chapiteau ou on a prévu de découvrir les "Dakh Daughters", une bande de fofolles ukrainiennes. On déguste un kebab en écoutant Elton de loin et à l'ombre. Passée une première heure très calme, le set a décollé a mi-parcours quand il a déroulé ses tubes et c'était très bien, tout simplement.
21h, nous sommes à présent devant la scène de Gwernig ornée de violoncelle, contrebasse, violon, clavier, guitare, tambours, accordéon, flûte traversière et j'en passe....à ce moment précis, nous ne savions pas qu'on allait assister à un spectacle pareil, ce fut mon gros coup de cœur du weekend .
Dakh Daughters - quelle claque ! Les Ukrainiennes multi-instrumentistes ont été pour nous une superbe découverte. Théâtral, burlesque, tribal et puissant.
22h20, mais c'est quoi cette marée humaine, des jeunes, des moins jeunes, des vieux, des familles entières avec des gamins de 8,10,12 ans...tous se dirigent vers Glenmor rejoindre le public déjà très très nombreux pour le très attendu STROMAE. Une heure trente de folie douce sous la houlette du phénomène belge, il a fait chanter et danser plus de 50000 personnes ce soir. Classe.
Trop de monde pour nous et pas vraiment dans nos préférences musicales, on suit un peu le concert de loin par écrans géants interposés, le top au niveau du show et de la communication avec son public mais la fatigue nous gagne, on s’éloigne en pensant boire un dernier coup sur la grande allée qui borde le site mais un solo "batterie-percu" nous aspire sous le chapiteau et on s'attarde un peu devant "Violons Barbares" un trio improbable composé d'un français, d'un bulgare et d'un mongol.Original, énergique et même drôle par moments, nous écoutons quelques titres puis remontons au camping, les pattes en vrac, en regrettant de louper Franz Ferdinand qui passe sur Kerouac.
SAMEDI. Réveil difficile, sans matelas sous le sac de couchage, il faut un moment avant de trouver une position à peu prêt correcte pour s'endormir et ensuite tu te rends compte qu'au camping du festival il n'y a aucun temps mort, toute la nuit ça parle fort, ça chante, ça circule etc...sans compter le p'tit orage mais on était au sec à l'aube ! Toilette rapide à la lingette et nous décidons d'aller visiter Carhaix à la recherche d'un bar afin de se taper un p'tit dèj tranquillou et de profiter de toilettes dignes de ce nom. Grosse ambiance festive en ville également ou les commerçants ont sortis les terrasses et les sonos, sympa!
On s'attarde sur l'une d'elle avec café, croissants et presse locale, on a mal partout et le retour sur le site s'annonce laborieux...et ce n'est que le 2eme jour... Partout on assiste à un ballet incessant de gens qui se croisent, chargés de leur barda car ils arrivent ou repartent déjà, d'autres reviennent de la corvée de ravitaillement en tirant un petit charriot débordant de packs de bière et autres boissons énergisantes et certains comme nous qui cherchent juste un court moment de répit loin de l'effervescence du festival. Le temps est mitigé et nous remontons au camping pour récupérer tout l'attirail nécessaire afin de passer une bonne soirée; pull, k-way et autres accessoires car vers minuit ça se rafraichit quand même! 16h, vu la programmation et nos gouts, on va squatter le pré bordé de Glenmor et Kerouac en commençant par le groupe Breton (qui comme son nom ne l'indique pas est anglais...) que l'on découvre et qui explore les frontières de l'electro en y mêlant du hip hop mais avec une énergie plutôt rock. Sympa malgré une averse passagère !!!
17h30, on enchaîne avec les "Red Goes Black" sur la scène d'en face. Révélation ici même l'an dernier ce groupe français nous a ravi avec ses sons rock 60's, blues et soul.
18h30, le temps de se frayer un passage vers une taverne et on se presse vers la grande scène de Glenmor, exercice périlleux quand tu as une bière et une portion de frites à la main car le public est nombreux pour assister à l'un des événements les plus attendus de l'édition 2014, Cantat et son nouveau groupe Détroit.
 Si la foule semblait globalement plus en retenue qu'à l'époque de Noir Désir, la ferveur était bien là et le rendez-vous ne fût pas manqué. Une première partie réservée aux titres de Détroit, dont le superbe Horizon. Puis les titres de Noir Dez' sonnent comme une évidence. Lazy, Le fleuve, A ton étoile, Comme elle vient, Un jour en France, et puis....Tostaky.  un set énergique et intense. Frissons.
Petit regret de ne pas avoir eu droit à ça alors que Shaka Ponk clôturai la soirée...............................!!! 
Ahhh quel bon moment....on va se dégourdir les jambes car on s'était trouvé un p'tit coin sympa à droite de la scène au pied des gradins, tranquillement adossé contre les grilles et à l'écart des mouvements de foule, on y reviendra sûrement tout à l'heure pour Arctic Monkeys à 22h.
Avant d'aller s'hydrater le gosier et se restaurer on s'arrête furtivement pour voir Julien Doré. Cool mais trop mielleux pour nous. Le moment fort du show : une fois « Paris-Seychelles » terminée, son groupe prolonge la rythmique du morceau, la foule faisant office de choeur géant. Le chanteur en profite pour passer la barrière, et fendre le public à pied pour rejoindre la tour des ingénieurs son. Il grimpe à son sommet et y fait exploser un lancer de cotillons. Le public exulte, et un spectateur le prend même sur ses épaules, une fois redescendu, pour le transporter jusqu’à la scène.
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Encore énormément de monde ce soir et pour nous, tout se déroule super bien, les gens qu'on croise sont heureux d'être là et comme nous, en profitent un max. Les jeunes même un peu "chauds" restent malgré tout très polis et t'offrent une bière quand ils te taxent d'une clope, c'est mon pote qui en profite car perso je ne bois pas d'alcool, que du whisky....bref, revenons à nos moutons ou plutôt à nos singes puisque voilà Arctic Monkeys qui démarrent leur show. 22h, Il faut laisser au groupe la maîtrise parfaite de leur set, sans un accroc. Les deux premiers tiers sont surtout consacrés à leurs précédents albums.Il faut attendre la toute fin pour que le public se déhanche sur “Do I Wanna Know ?” Super pro musicalement mais ça manquait quand même d'énergie sur scène, petit bémol !!!
23h30, et un de plus, de chouette concert, coup d’œil sur le programme, Disiz ou Gramatik et Shaka Ponk dans 2h. Le choix est vite fait, ce sera.....un kebab et une tartiflette puis notre buvette préférée à l'extérieur...lol.
Ben voilà, on a rencontré et sympathisé avec 3 bretons du coin qu'on abandonnera quelques litres de bière plus tard, on retrouve notre tente du 1er coup,si si, il est 4h30 et on a loupé Shaka Ponk !!! Dimanche. C'est décidé, pas une nuit de plus au camping!!!! Ma nuit se résume à un enchaînement de micro-siestes et une tournée de Doliprane s'impose.Pas trop réveillés, nous rassemblons nos affaires et démontons la tente...on va tout ramener à la voiture ce matin afin de décoller direct après le dernier concert de ce soir. En route, nous croisons des producteurs de lait du coin qui offrent des pintes de "blanche" aux festivaliers et on s’arrête vite fait récupérer un p'tit souvenir, le bandana star de cette édition 2014 puisque plus d'1 sur 2 l'arborait fièrement sur la tête, le bras ou encore la cheville.
Les jambes en vrac, on se retrouve dans un bar en ville après avoir chargé la voiture et on doit se contenter d'un p'tit expresso car ils sont en rupture de stock, café, croissants etc, de plus les toilettes sont condamnées, la journée démarre mal mais on fait avec!!! Il est déjà midi passé,on entame notre retour au site quand on aperçoit au coin d'une terrasse 2 de nos zigotos rencontrés la veille. On hésite un moment, craignant l'embuscade, mais confiants on les aborde et ensemble on se tape quelques Ricards bien frais qui ont le don de nous mettre un p'tit coup de fouet mais ça, c'était avant le drame lol... une pinte qui se renverse sur la table et me voilà douché à la bière, pas cool mais voilà notre excuse pour s'éclipser. Du coup on se retape 3 bornes avec le détour au parking pour me changer et on rate le concert de Yodelice qui était programmé à 14h05! 15h15, de retour devant la grande scène de Glenmor pour le concert de Ki-Mani Marley - il a presque tout pris de son père : les dreadlocks, la voix et les chansons. Le jeune homme est juste un peu plus costaud que le papa. La set-list a largement puisé dans le répertoire de Bob , d'Iron Lion Zion à Could you be loved. mais il est probablement son fils le plus audacieux . Son style, moins roots que celui de ses frères Ziggy ou Julian, est largement teinté de R'nB et de hip hop mais il n'en demeure pas moins un artiste capable de séduire et faire chalouper tous les authentiques fans de reggae dont nous faisons partie.
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Ahhh c'était bien cool, sur Kerouac c'est Girls in Hawaii qui se prépare. Pas le courage de bouger, on reste sur place en suivant le concert sur le grand écran de Glenmor juste devant nous, allongés dans l'herbe.Le public qui s'attendait à voir des Hawaïennes sur scène en a été pour son compte. Point d'exotisme avec eux, mais de la bonne pop made in Belgium. Une pop-rock, aux mélodies entraînantes comme des ritournelles. Mais rien de trop propret, Girls in Hawaii aime aussi s'aventurer dans des contrées plus noisy, avec distorsions de guitares, et reverb dans les voix.Du très bon.
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Si nous avons somnolé un peu, Christophe, qui vient de prendre le relais avec ses vieux tubes en version acoustique, piano-voix ou guitare_voix, finit de nous achever au point d’inquiéter un binôme de la sécurité civile qui patrouillait par là. Cette anecdote nous a été rapportée par une vigile du service de sécurité en faction juste à côté avec qui j'avais fait connaissance la veille. Elle les a rassurés en confirmant que nous faisions juste une petite sieste!!!
Bon, faut se bouger un peu là, on va voir Daho 1/2 heure en passant car il ne m'est plus possible de rester debout au soleil devant la scène, j'ai les chevilles en vrac et mal aux hanches. Apparemment heureux d'être sur scène, communicatif, il a offert au public une palette de quelques-uns de ses tubes, ne se contentant pas de jouer les morceaux de son dernier album. On retiendra entre autres cet hommage à Gainsbourg avec Boomerang et l'excellent Premier jour du reste de ta vie.
Rapide saut à l’extérieur ou l'on mange bien mieux que dans l'enceinte du festoche pour une galette bretonne et une kefta et on reviens en promenade du côté de la scène Gwernig. De ce côté là, on peut tout faire comme un breton : manger un galette saucisse, boire un verre de cidre ou de bière du coin… Mais aussi apprendre la langue locale! Sous un petit parasol orange, des bénévoles inculquent les premiers mots aux festivaliers. S’il y en a un à retenir, “yec’hed mad!”.
Ce dernier concert auquel nous assistons est un peu du au hasard de la programmation car à priori ce n'est pas notre tasse de thé mais ayant déjà beaucoup travaillé avec des titres de Lily, je savais que musicalement elle offrait un large éventail à sa pop et j'étais curieux de voir ce que cela donnerait en live. Lily Allen, finalement c'était bien, tout simplement parce que la petite Anglaise a apporté un vent de fraîcheur et de spontanéité qui fait du bien. Malicieuse et enjouée, Lily s'est très rapidement débarrassée de ses vêtements tout d'abord et de la grande scène Glenmor ensuite pour squatter l'avancée vers le public. Elle va y passer la quasi totalité de son show se délectant de la proximité avec ses fans. Elle ne retournera sur la scène que pour vérifier de temps en temps sur sa set list, quelle chanson elle devait chanter, morte de rire. On a retenu une très belle reprise de Somewhere Only We Know de Keane...
"Voilà, c'est fini" sur un air connu....on l'a voulu ce festival et on l'a eu et malgré quelques petits désagréments on en gardera longtemps de très bons souvenirs. On s'éloigne de Carhaix dans la foulée, le temps de trouver une aire de repos sur le chemin du retour pour y passer une nuit à peu prêt normale. Au matin on se dirigera sur Angoulême voir des amis puis retour au bercail dans nos familles respectives avec encore pleins d'étoiles dans les yeux.